QUELLE RÉVOLUTION POUR QUELLES ÉVOLUTIONS ?

La révolution est-elle vraiment indispensable pour évoluer ? Devons-nous nécessairement nous affronter pour évoluer et créer le futur ? Quel sera le rôle de cette conscience planétaire émergente évoquée dans la 1ère partie de cette émission ? Je tente d’apporter une réponse dans ce deuxième audio…

Retrouvez la restranscription de l’émission sous le Visiopodcast.

 

Nous voici dans la seconde partie et dernière partie de l’émission sur le thème : « QUELLE RÉVOLUTION POUR QUELLES ÉVOLUTIONS ? » Si vous n’avez pas écouté le premier volet de cette émission, je vous invite à vous rendre sur ma chaine YouTube pour écouter l’histoire qui s’y rapporte, voire la réécouter, en préalable à ce deuxième podcast. Précédemment, nous nous sommes immergés dans le passé et le présent pour mieux comprendre les racines du futur.

En voyageant dans le 20è siècle et jusqu’au début de notre 21è siècle, nous avons touché du doigt le fait que la souveraineté des États, malgré leur puissance publique, leur justice, leurs armées, leurs polices, leurs banques centrales ou encore leurs monnaies, étaient en train en réalité de vivre leurs derniers instants, comme une espèce en voie d’extinction, laissant place à une géopolitique sans politiciens que tout le monde observe sans vouloir admettre. Nous avons vu comment notre société occidentale est passée d’une société de production à une société de consommation, pour enfin incarner une société quasi pathétique du spectacle…

Mais nous avons aussi pu prendre le pouls d’une véritable conscience planétaire émergeante, une conscience où le pouvoir de « droit divin », de haut en bas, n’est plus concevable. Une conscience qui s’exerce de plus en plus de la base vers le sommet, émanant de femmes et d’hommes qui se construisent individuellement et collectivement par expérimentation… L’expérimentation est une des clés majeures de l’évolution.

Par la question de « quelle révolution pour quelles évolutions ? », je cherche à savoir si la révolution est vraiment indispensable pour évoluer ? Et si nous devons nécessairement nous affronter pour créer le futur ? Cette conscience planétaire émergente saura-t-elle se libérer et dépasser ses peurs pour s’engager et construire un monde meilleur sans reproduire les mécanismes du vieux monde ? C’est ce que je vais tenter d’explorer avec vous dans ce visiopodcast… car en mode « courte vue », nous avons autant d’occasions de nous changer dans le bon sens que d’occasions de nous détruire. Il est donc vital de voir plus loin.

Dans le dernier podcast, je vous ai fait découvrir un poème de Robert Desnos intitulé « Ce cœur qui haïssait la guerre », lequel poème répondait comme un écho à l’œuvre que j’avais réalisée. Cette œuvre, que vous voyez dans l’image du visiopod, est une peinture que j’ai achevée en 2014 et qui s’intitule « La (R)évolution des sans peur » avec le « R » de révolution entre parenthèses.

Elle représente une femme en buste nu. Cette dernière est manifestement un personnage du futur, un futur finalement pas si lointain que cela au regard des évolutions récentes… Son œil connecté, quasi bionique, procure à son cerveau une connaissance mondiale instantanée. C’est pourquoi son cerveau à l’air d’une carte du monde interconnecté.

En aparté d’ailleurs, saviez-vous que l’œil bionique a été implanté pour la première fois sur un non-voyant en 2018 ? Et que Google est le premier à avoir déposé un brevet d’œil connecté après des expérimentations probantes en 2016 ? Le journal du Geek révélait il y a deux ans les tenants et les aboutissants de ce brevet qui parle d’injecter une lentille directement dans le globe oculaire ! Le produit est une solution qui se fige et s’agrippe à l’œil, dans l’objectif non seulement d’améliorer la vision -fini les lunettes donc !-, mais aussi et surtout, de connecter le porteur humain. Cette lentille électronique contient du stockage, des capteurs, une puce cellulaire et une batterie. La batterie se recharge avec une antenne spéciale qui tire son jus… devinez d’où ? Eh bien de l’utilisateur lui-même. Gloups. En bout de course, tout cela permet d’améliorer la vue vous dira-t-on, sans compter les usages connexes via la connexion sans fil avec tout un tas d’applications « amies » possibles. Allez ! Avec un peu de neuro-marketing bien ciblé, vous serez tous fans du concept ! Personnellement, c’est le genre d’évolution qui me fait froid dans le dos…

Lorsque j’ai créé cette œuvre, je ne savais rien de tout cela puisqu’elle était antérieure à ces évolutions qu’on aurait d’ailleurs pu facilement classées dans le registre de la science-fiction ! Mais, à force d’observer le monde, cela me paraissait une évidence.

Le visage cette femme esquisse un sourcil et un sourire à la « Anonymous », ce masque issu de l’excellent film « V de Vendetta ». C’est un sourire qu’elle se sera fabriquée elle-même, comme une cicatrice que l’on s’afflige pour ne pas oublier, un ultime signe de résistance, un signe d’humanité. Dans ce monde à peine futuriste où les conflits d’accès au savoir, les piratages et les batailles informatiques font rage, la vie privée est comme un vieux souvenir, manipulé et manipulable à souhait. Dans ce contexte, seules certaines parties de notre corps offrent un dernier espace de liberté sur lequel chacun exprime le cap, les valeurs, le sens ou les fondations qu’il ne veut pas oublier.

Enfin, cette femme, poitrine nue, serre sur son cœur une étoile qui brille d’une lumière de feu. Sur le bleu froid de son corps augmenté, cette étoile est comme l’étoile polaire, l’astre de la pensée libre. Pour elle, elle symbolise la Connaissance avec un grand « C ». Pas le savoir connecté, non, mais la connaissance comme expérience vécue à travers ses sens et à travers les éléments pour devenir meilleure. Cette connaissance passe nécessairement par le cœur pour nous libérer de notre égo démesuré, de nos passions dévorantes et parce que lui seul peut nous faire expérimenter l’Amour inconditionnel. Cet amour capable de dépasser notre petite personne pour être au service de quelque chose de plus grand.

Je vous propose maintenant de voyager avec moi, et sans plus attendre, de vous partager le poème que j’ai écrit pour illustrer cette œuvre :

LA (R)ÉVOLUTION DES SANS PEUR

Le monde est faux, effroi! Il me vole, il m’évide ce rapace…
Je me fonds dedans, comme les pôles absorbent leurs glaces,
Je ne peux pas faire autrement, en mouton je trépasse…

Je ne peux pas faire autrement que de tout ressentir
L’égo des gens, l’égo me gêne, l’écho me noie,
Il me vole, il me vide, l’éclat s’en va… sans dire.

L’obscurité grandit dans le froid du silence,
Dans ces non-dits nantis barbelés de méfiance
« Tout liquider », « Tout confort », « Tout compris »…
Au creux de mon ombre, Tout est souffle, tout est dit.

Et la Lumière jaillit à l’aube d’un battement de cœur
Qui saute dans ma poitrine au rythme des sans peur.
Il s’envole, il s’évade, il essaime ses graines…
S’égraine la Puissance des Hommes sans chaînes.

Liberté ! Liberté, lève-toi !
Enivre tous tes sens comme on exulte la Joie !
Triomphe des aveuglés et dresse ton étendard
À l’Amour, à la Vie, aux feux grisants de l’Espoir !

L’espoir est souvent le dernier rempart contre l’impuissance. Quant à la liberté, dont le seul mot est capable de raviver les plus grandes colères comme le meilleur de nous-mêmes, elle ne symbolise pas seulement l’émancipation des peuples, mais aussi et surtout leur capacité d’unité. Plus qu’une valeur, la liberté est un hymne, parce que lorsqu’elle devient un hymne, elle nous libère de nos peurs et met tous les êtres humains sur un même pied d’égalité.

Au 21è siècle, ça deviendra et c’est, me semble-t-il, de plus en plus difficile de faire la révolution au sens d’un « mai 68 » ou d’un « 1789 » comme on l’entend souvent… En fait, je n’y crois pas un instant. Si vous avez la curiosité de demander autour de vous ce que les gens mettent dans le mot « révolution », vous verrez qu’elle est multiforme, parce l’idée même de révolution est à la fois très personnelle et nécessairement collective. Et concilier les intérêts collectifs, c’est ce que nous savons de moins en moins faire, soucieux de développer prioritairement son confort immédiat sous la bannière « plaisir rapidement consommable », sans conscience bien souvent que nous sommes tous sur la même branche que nous sommes en train de scier : l’humanité. Et qu’au delà de cette même branche, nous habitons tous sur le même arbre : cette nature, cette biodiversité incroyable que nous offre gratuitement la planète Terre.

Est-ce qu’au 21è siècle, les consciences seront assez mûres pour créer une révolution pacifique d’une seule voix ? Quand je dis « pacifique », je ne veux pas dire molle ; je parle ici de personnes capables d’agir avec responsabilité et en pleine responsabilité des conséquences de leurs actes, loin de tout pouvoir étriqué centré sur quelques oligarques. Pourquoi ? Hé bien parce que mener une révolution demande de servir avant de diriger. Ce qui veut dire que ces personnes ne devront pas avoir peur et forcément concéder certains points de vie dans leur confort immédiat pour le mieux de tous. Ces personnes devront choisir délibérément de rejoindre cette conscience planétaire émergente qui s’exerce de bas en haut, émanant d’êtres humains qui se construisent individuellement et collectivement par expérimentation… et je rajouterais, qui se construisent dans le respect du Vivant et de la Nature toute entière. Ils devront être en capacité d’enterrer cette « société du spectacle » pour entrer dans une société des enseignements et de la connaissance.

Question révolution, je crois par exemple davantage aux expérimentations comme les Anonymous, où il n’y a pas de chef, tout simplement parce qu’elles sont plus efficaces. Les Anonymous sont des hackers du monde entier qui ont su se fédérer pour avoir un rôle éminemment politique dans le monde, avoir un impact positif sur la société en jouant les lanceurs d’alerte et en rendant l’information accessible au plus grande nombre. Le modèle des Anonymous est un modèle de révolution pacifique et hautement responsable, car ils croient fondamentalement que la transparence de l’information peut être un facteur déterminant d’évolution de la société. Je le crois aussi. Nous ne pouvons pas entrer dans la société de la connaissance et des enseignements si l’information est détenue par un petit groupe souhaitant maintenir un pouvoir descendant. Car l’information est un pouvoir. L’information, c’est même LE pouvoir. Mais comme « tout grand pouvoir implique de grandes responsabilités », comme dit l’oncle de Peter Parker avant qu’il décide de devenir Spiderman, (désolée je n’ai pas trouvé mieux pour la transition 😉 ), cela implique que nous soyons tous en capacité d’apprendre, de désapprendre et de faire preuve de discernement pour ne pas se laisser embarquer par les « petites phrases assassines » et les « pensées courtes » de pseudos leaders dont les média raffolent.

Soyons réalistes : on ne peut pas voir se développer à vitesse grand V les réseaux sociaux dans le monde et toucher des milliards de personnes, on ne peut pas voir se développer l’accès à la connaissance sur le web et l’intelligence artificielle, et se contenter de ne partager que son chien ou son chat en photo sur internet !? La connaissance dématérialisée peut être utilisée de manière bien plus fine que cela !

Alors vous me direz peut-être : et la propagande ? Et les fakes news ? Je vous répondrais 2 choses :

– D’abord, soyez curieux ! Allez à la source, ne prenez pas tout ce qui circule pour vrai. La connaissance est là pour vous faire évoluer et non pour nourrir vos croyances ou vos frustrations. Si vous ne voulez voir que des voitures rouges, vous ne verrez que cela. Or, en réalité, il existe des voitures de toutes les couleurs… Il se peut même que les voitures volent sans que vous vous en rendiez compte !

– Ensuite, je vous dirais : Que faites-vous de l’indépendance des médias dits traditionnels ? De leurs sources de financement ? Des choix éditoriaux remarquablement anxiogènes pour vous maintenir dans la peur et la dualité ? Quand ils ne sont pas directement contrôlés par des entreprises qui les financent. Les vertus de l’audimat n’ont pas été prouvées sur le genre humain… autrement dit, la mention « vu à la télé » n’est pas un critère de véracité ou de qualité.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que ce qui n’est pas médiatisé n’existe pas. Parce que de nombreux mouvements et systèmes d’évolutions économiquement viables sur le plan du respect de la nature et humainement équitables, naissent chaque jour à la surface du globe, mais personne n’en entend parler. C’est pourquoi l’évolution d’une humanité consciente ne peut attendre que la TV ou la presse en parlent…tout simplement parce qu’il y a de fortes chances qu’elles n’en parlent pas ! Les nouveaux moyens de communication à notre disposition sont bien plus puissants que la télé ou la presse qui sont dépendantes du vieux modèle. Ce vieux modèle qui condamne les innovateurs, les libres penseurs ou les lanceurs d’alerte à sortir du système… pour vivre. Mais après tout, c’est peut-être une aubaine ? Sortir du système nous permet de le voir tel qu’il est et de nous trouver nous-même, sans influence de quelques sortes.

Alors ? Pilule bleu ou pilule rouge pour sortir de la matrice ?

Grace au web, la transmission des savoirs est instantanée et partagée mondialement. Mais accéder aux savoirs et les mémoriser n’est pas une fin en soi, car les ordinateurs et l’intelligence artificielle le font déjà bien mieux que nous ! Tout l’enjeu d’une humanité libre, c’est de parvenir à transformer ces savoirs en connaissance, et le seul moyen d’y arriver, c’est l’expérimentation. Vivre des expériences individuellement et collectivement pour co-constuire l’avenir. Puissions-nous vivre des expériences qui nous élèvent et nous unissent plutôt que des expériences qui nous divisent et nous détruisent.

Je crois la révolution peu probable parce qu’au final, les révolutions sont décevantes et font plus de mal que de bien. Furieux contre le système en place, souvent animés par le sentiment d’injustice, les gens se révoltent sans pourtant jamais avoir anticipé le modèle suivant. Ils sont en réaction et rien de constructif n’émerge. Du coup, comme dans un tour de passe-passe, les pouvoirs changent de tête, mais le système reste le même.

C’est d’évolution que nous avons besoin, pas de révolution.

Je ne crois pas à la révolution, parce que plus on a accès à la connaissance et plus on aspire à la Paix. On apprend davantage sur le web et par expérimentation qu’à l’école ! D’autant que les contenus sont de plus en plus qualitatifs. Il n’y a que lorsque l’on n’apprend plus rien qui nous remette en cause, quand on se croit arrivé/e après la première escale, que le pire est à venir. La certitude figée dans le marbre est comme une pierre tombale sur l’être. « L’histoire de l’humanité devient de plus en plus une course entre l’éducation et la catastrophe » écrivait H.G. Wells.

Faire la révolution me semble également peu probable car dans notre époque de servitude consentie, beaucoup sont encore dans le besoin de leader. Ils l’attendent comme le messie. Ils ont délégué depuis longtemps la vision de leur propre avenir à une seule personne. Pour eux, si tant est qu’ils soient animés d’une envie de révolution, ils ne peuvent la faire sans chef. Pour faire cette révolution, il faudrait donc dans cette optique, un chef de file. Ce chef de file devra être suivi par un très grand nombre d’individus à l’échelle mondiale –ou au minimum à l’échelle d’une grande nation- pour être reconnu et médiatisé. Enfin, ces foules devront adhérer sans concession à la vision du leader et s’engager pour lui.

Hum… ça fait beaucoup de conditions non ? Qui plus est, comme je l’évoque dans mon poème sur « La (R)évolution des sans peur », pour être animé d’un quelconque sentiment de révolution ou d’évolution, encore faut-il avoir quelques étincelles dans le cœur. Bien que ma foi en l’Humanité soit inébranlable, j’observe –et probablement l’avez vous observé aussi- que certains d’entre nous n’ont plus cette étincelle… Dans mon tout premier visiopod sur le thème de « Serons-nous toujours humains ? », nous avons vu que notre composition humaine était pourtant issue des étoiles. « Il est grand temps de rallumer les étoiles » écrivait Guillaume Apollinaire ; cependant, est-ce que toutes les étoiles sont en capacité d’être rallumées ? Cela me semble peu probable… Mais nous ne serions pas dignes d’elles si nous n’essayons pas.

Je me dis aussi que lorsqu’on n’a plus peur et qu’on a trouvé le sens de notre vie à son plein potentiel, on se sent libéré du joug d’un quelconque chef de file. Le modèle de révolution sous influence d’un leader a très bien fonctionné dans l’ancien monde. Mais je pense que cette ligne a évolué, ou en tout cas, est en train de le faire. Entre ce que nous sommes et ce à quoi nous aspirons, et la vision du futur (quand il y en a une) qu’on nous propose, le fossé s’agrandit.

Pour faire la révolution, il est donc souhaitable avant, de se métamorphoser individuellement pour ne pas subir. On ne subit pas sa destinée, on la choisit. Faire la guerre n’est pas écrit. Rien n’est écrit. Alors s’il y a une et une seule révolution à faire, c’est celle que l’on doit faire à l’intérieur… Une révolution de soi à soi, pour révolutionner ses croyances, se remettre à la page au lieu de fonctionner sur des histoires passées qu’on rengaine, ou pire, des histoires du futur qu’on se raconte sans jamais avoir vécu aucune expérience ! Tout cela dirigé par une main de Maître : la peur. Cette peur que nos médias attisent, la peur de perdre quelque chose, quelqu’un, la peur de l’autre, la peur de changer tout simplement. La peur brouille l’esprit, c’est un poison lent qui nous tire vers le bas et contribue à faire régresser l’Humanité toute entière. Se libérer de la peur nous rend capable de grandes choses. Comme j’aimerais pouvoir vous partager cette sensation avec une baguette magique ! Reconnaissons que la révolution extérieure, celle dirigée contre « l’autre » est vaine puisqu’elle renforce la dualité et le rejet d’une partie de l’humanité, et donc d’une partie de moi, de nous. En combattant les autres, je me combats moi-même.

Imaginons le futur comme un grand jeu de construction dont la logique est celle du Vivant, un grand écosystème comprenant une diversité d’espèces ; espèces qui devront trouver le bon moyen de gouvernance afin de faire respecter des règles communes au nom de la survie même de ces espèces et du maintien de la paix universelle. Alors vous pourriez dire, « le futur de l’humanité ne m’intéresse pas ! Après moi, le déluge ! » Sauf que ça serait, en toute franchise, vous mentir à vous-même… Voici le futur des mots : Anticipation, astrologie, augure, conjecture, devin, divination, futurologie, fiction, intuition, oracle, présage, prédiction, prémonition, prévision, pronostic, prophétie, prospective, pythie, révélation, science-fiction, Sybille, voyance, vaticination,… La richesse du vocabulaire est significative de l’importance que les êtres humains accordent au futur. À bien y regarder, il y en a forcément que vous utilisez.

S’il vous plaît, faites un pas de coté. Sortez du troupeau pour voir l’ensemble. Trouvez votre chemin dans cet ensemble. Il n’y a pas de vérité. Ne croyez pas ce qu’on vous dit, ne prenez pas pour vrai tout ce qu’on vous raconte (y compris moi d’ailleurs !), faites-en l’expérience. Privilégiez l’expérimentation au jugement.

J’ai trois mots qui reviennent en permanence et qui animent toutes mes créations. Ces 3 mots sont : inspirer, explorer, expérimenter.

INSPIREZ, pour réapprendre à respirer peut-être si vous êtes happés par le cours de la vie comme un rat dans un labyrinthe de laboratoire, et surtout pour prendre le temps de trouver votre voie, celle qui vous inspire, vous épanouie, Vous rend heureux. Est-ce que ce que vous vivez aujourd’hui vous rend pleinement heureux ? J’espère profondément que oui. Est-ce que la destruction ou le rejet de votre prochain vous rend heureux ? J’espère que non. Côtoyer la mort, habité par la haine et la colère, ne nous rend pas heureux. C’est même tout le contraire, cela vous consume comme un poison et vous transforme en quelque chose d’autre, un autre qui vous insupporte au point de projeter votre tourment sur autrui. En trouvant votre source d’inspiration, c’est toute la chimie de votre corps que vous transformerez, et ainsi vous inspirerez les autres à votre tour et entrerez dans un cercle vertueux. Trouver ce pour quoi nous sommes fait individuellement, c’est ça la véritable liberté !

EXPLOREZ, car la meilleure des postures reste la curiosité. Vous ne savez pas ce que vous ne savez pas. La vérité n’existe pas, c’est juste une réalité parmi tant d’autres qui a trouvé preneur… jusqu’à ce qu’une autre réalité la remplace. Ce n’est pas parce que vous allez vous persuader seul ou en groupe que c’est vrai, que c’est la vérité. Explorez votre potentiel comme une nouvelle terre, explorez l’inconnu, et chaque fois que vous ne savez pas, cherchez. La connaissance est en libre accès, profitez-en ! C’est sur le chemin de l’exploration que l’on trouve, parce que dans l’exploration, il n’y a pas de station d’arrivée, seulement des escales.

Enfin, EXPÉRIMENTEZ ! Faites de votre vie une aventure passionnante ! Encore une fois, et je ne cesserai jamais de le répéter, le présent et le futur ne se subissent pas, ils se créent ! Si vous ne faites pas votre propre révolution interne, qui la fera pour vous ? Si vous n’expérimentez pas maintenant des choses nouvelles, quand le ferez vous ? Qu’attendez-vous ? La révolution intérieure n’est autre que l’évolution. Celle que l’on choisit. Avancez. Avançons.

Au moment où j’enregistre cette émission, les sujets du bac de philosophie pour les séries L viennent de sortir. Les voici :
– La culture nous rend-elle plus humains ?
– Peut-on renoncer à la liberté ?
On est au cœur du sujet n’est-ce pas ?

Ce n’est pas parce nous naissons humain que nous sommes humain. Devenir humain s’acquiert. Si dans votre vie il n’y a pas un jour où vous désapprenez pour mieux apprendre, alors, vous redeviendrez une bête encline à ses instincts primaires, gouvernés par ses peurs et tous les petits vélos non fondés qui moulinent de manière chronique dans votre tête. Une tête résolument déconnectée du cœur et des tripes. Car il faut des tripes pour dépasser ses peurs ; et il faut du cœur pour rester humain.

Dans une étude de prospective menée par Thierry Gaudin, j’ai lu que le système cognitif planétaire pouvait se résumer en 3 mots : la Science, l’Amour et l’Art. Cela sous réserve de les comprendre, non pas comme des activités institutionnelles, mais comme des pratiques quotidiennes de tous les Hommes.  Autant vous dire que cette idée résonne dans tout mon corps tellement elle fait écho à tout ce qui m’anime ! La Science, l’Amour et l’Art !

Regardons les choses avec pragmatisme : « Chacun de nos organismes est une république de 30 milliards de cellules. Pourquoi une fédération de quelques centaines de nations et de 3 à 6 milliards d’Homo Sapiens ne parviendrait-elle pas à s’auto-organiser ? Il est non seulement raisonnable, il est vital de l’envisager… », écrit Edgar Morin dans son livre « Où va le monde ? »

Nous sommes donc à la fin d’un cycle et au dernier stade de l’Homo Faber ; tout reste à explorer. L’enjeu du 21è réside dans notre réussite à passer au stade de l’Homo sapiens ludens, cet humain capable d’accueillir sainement ses émotions et de réguler sa propre pensée… et ce moment où, au lieu de la soumission à une vérité extérieure, élaborée par un pouvoir institutionnel quelconque, succède la vérité intérieure, portée par chacun d’entre nous et par tous en même temps.

Chers auditeurs, Vous qui êtes mon inspiration, sachez que…

Je suis un cœur qui hait la guerre.
Je suis aussi un esprit libre et indépendant.
Parce que mon cœur hait la guerre, je ne rentrerai pas en résistance, non.
Je rentrerai en résilience.
La résilience, ce n’est pas épouser les formes d’un monde connu ou imposé.
La résilience, c’est apprendre et désapprendre en permanence pour affûter son discernement et élargir son cœur.
La résilience, c’est apprécier chaque escale dans un voyage infini.
C’est se métamorphoser au contact de la Vie.
Faire sa révolution intérieure avant toute chose, prendre son pouvoir, l’incarner et contribuer à l’évolution de l’humanité sans tuerie.
La révolution, c’est l’évolution que l’on ose… pas celle que l’on subit, mais celle que l’on décide, celle que l’on reprend en main comme on reprend sa liberté.

« Notre vraie nationalité est l’humanité », écrivait H.G. Wells il y a plus de 2 siècle… Combien de siècles nous faudra-t-il encore pour l’incarner ?

Je vous souhaite de belles révolutions intérieures pour mieux évoluer et contribuer à l’extérieur… Et je vous dis à très bientôt pour vous conter d’autres histoires du futur sur la radio des visionnaires.

Almakan
Artiste-auteure en avenirs possibles
et exploratrice d’émotions

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