Dans cette émission, je pourrais presque dire que j’explore le futur antérieur et non un futur possible, tant le transhumanisme est une réalité présente aussi géniale que terrorisante, dont les avancées s’immiscent dans nos vies sans même que vous vous en rendiez compte ou… que l’on vous demande votre avis ! L’art et la science ont pris de nouveau rendez-vous pour vous inspirer, il y a de la lumière… Entrez !

Retrouvez la restranscription de l’émission sous le Visiopodcast.

 

L’HOMME GÉNÉTIQUEMENT MONÉTISÉ : DU GÉNIE À L’EUGÉNISME

Aujourd’hui, je vais explorer pour vous un sujet central et déterminant pour l’avenir de l’Humanité et pour votre propre avenir imminent. Quoique vous êtes et faites dans la vie à ce jour, vous allez être impacté/e par ce qui se joue à bas bruit et que peut-être, vous ignorez. Votre vie va changer plus rapidement que vous ne l’aurez imaginé, votre santé aussi, votre métier et probablement tout votre environnement quotidien immédiat va se transformer à très grande vitesse…
Alors restez avec moi si, comme la cigale, vous ne souhaitez pas être pris/e au dépourvu lorsque la bise –pour ne pas dire le tsunami !- viendra. L’avenir que je vais vous conter va forcément changer vos projets.

Si mes podcasts vous interpellent, vous font évoluer dans votre vie personnelle ou professionnelle, n’oubliez pas de liker, de commenter et surtout de partager, pour éclairer d’autres personnes à votre tour et aussi pour m’encourager 😉
Au-delà des peintures que je réalise et qui symbolisent l’esprit de chacun des visiopods, pour chaque émission, j’ai ce souci d’être synthétique pour vous transmettre la substantifique moelle. Pour 15 ou 30 minutes d’émission, ce sont souvent des heures de recherche, de lecture, de veille et de vulgarisation qui précèdent, pour vous offrir une alliance polymorphique entre la terre et le ciel, la raison et le sensible, le pragmatisme et la poésie, l’art et la science… et en tout cas, veiller à vous apporter de la connaissance.

Allez, sans plus attendre nous allons commencer…

Vous avez éventuellement été interpellé par le titre de cette émission : L’HOMME GÉNÉTIQUEMENT MONÉTISÉ : DU GÉNIE À L’EUGÉNISME. Vous allez découvrir au fil de celle-ci qu’en définitive, je suis en dessous de la réalité. Une réalité qui est déjà à l’œuvre à nos portes…

Mais commençons par le Génie.

Le Génie, et même les génies, vous en connaissez forcément. Notre histoire humaine a connu une multitude de génies dans tous les domaines. Il y a ceux qui sont connus et reconnus, comme Léonard de Vinci, Einstein, Mozart, Beethoven, Newton, Darwin, Kant, Rimbaud, Iung, Pythagore, Curie, Turing, Tesla, Michel-Ange, Archimède, Aristote, Platon, Spinoza, Goethe, Teilhard de Chardin… et des milliers d’autres que je pourrais vous citer ! Il y a aussi ceux qu’on ne connaît pas et qui pourtant oeuvrent et ont œuvré dans le silence avec Génie ; certains sont reconnus de leur vivant, d’autres après leur mort, d’autres encore à jamais versés aux oubliettes. Mais ils sont tous tout aussi important.

Depuis le temps que je me passionne et me connecte à ces Génies, j’arrive à déceler quelques points communs à tous ces êtres d’exception… Parmi ces points communs, j’avais envie de vous livrer trois clés que j’ai pu déceler :

     La première, c’est que les génies sont tous visionnaires et ont une facilité à manier les concepts et l’abstraction. Ils voient loin, large, profond, et même ailleurs j’ai envie de dire, et ont toujours plusieurs longueurs d’avance. D’où le fait que leurs idées, leurs œuvres ou leurs travaux soient souvent compris et reconnus après leur mort par le reste de l’humanité, lorsque celle-ci aura évolué dans son esprit ou sa conscience.

     La deuxième clé est la pluridisciplinarité. Lorsque vous vous intéressez à la vie des génies, quels que soient leur domaine, ils ne sont pas seulement ingénieur ou poète, philosophe, écrivain, musicien, physicien, astronome ou que sais-je encore ! Leur curiosité insatiable fait qu’ils sont et font, au cours de leur vie, souvent plusieurs choses à la fois. Le fil de leurs recherches, de leurs œuvres ou de leur quête, fréquemment obsessionnelles, les invite à nécessairement évoluer vers plus de connaissances et à incarner plusieurs compétences relatives à des métiers qui semblent parfois contradictoires.

     La troisième clé, c’est qu’ils ont un rapport complexe avec la solitude. Certains sont asociaux, d’autres ne peuvent pas se passer d’être entourés. Mais chaque fois, cela dénote une appréhension particulière de la solitude et le plus souvent, leur vie sociale est limitée. Ayant un goût prononcé pour l’abstraction, cela ne rend pas la communication facile. Leurs idées ou projets sont indiscernables au premier abord. Un génie est souvent « seul dans sa tête », et c’est d’ailleurs là qu’il y fera les plus grandes découvertes, ces découvertes dont le processus d’inspiration agit comme un éclair, un éclair de génie, au détour d’une marche solitaire.

Alors bien sûr, je pourrais aussi vous parler de leur créativité, mais selon moi, c’est une idée nulle et non avenue, car nous avons tous cette capacité à être créatif, certains d’entre nous l’ont simplement oublié. L’être humain est par nature un être inventif et créatif. Seulement parfois, il a oublié le stimuli ou le chemin qui lui permet de l’être… et puis, tout ce qui demande un effort dans le temps est devenu impopulaire de nos jours. La recherche de la facilité à tout prix en un temps instantané, nous désincarne peu à peu de notre humanité et de notre étincelle de génie… car dans les traits communs à tous ces génies, il y a celui du goût de l’effort et de la persévérance. Ce sont tous des travailleurs acharnés.

Alors comment pourrions-nous définir le génie en quelques mots ?

Je dirais que c’est probablement l’aptitude naturelle qu’ont les êtres humains à exercer les capacités de leur esprit et de leurs sens au-delà du niveau commun et qui, par leurs œuvres ou leurs découvertes, ont permis l’évolution de l’humanité dans sa conscience et ses connaissances.

Être et avoir du génie. Cette étincelle, qu’elle soit divine ou seulement due à notre chimie humaine, cela s’appelle l’inspiration. Nous avons tous cette flamme et cette potentialité en nous, naturellement. Ce qui fait la différence et peut nous rendre « hors du commun », c’est notre capacité ou non à traduire notre inspiration en action, encore et encore.

« Je suis convaincu que l’anatomie humaine révèle ce que la Nature a soigneusement caché »

écrivit Léonard de Vinci lorsqu’il découvrit le nombre d’or grâce à l’ingénieur-architecte Romain Vitruve, qui lui a inspiré le dessin qui représente les proportions divines du corps humain – le fameux « Homme de Vitruve » dans sa quadrature du cercle.

Maintenant, je vous pose la question : et si nous trafiquions technologiquement cette Nature pour devenir tous des êtres hors du commun ? Un peu comme des OGM humains…

Ce que je vous énonce ici, ce n’est pas de la science-fiction. C’est ce qu’il est en train de se passer aujourd’hui, sous nos yeux. On appelle cela, le transhumanisme.

Alors qu’est-ce que le transhumanisme ?

Le transhumanisme pourrait être défini comme « un mouvement idéologique –et même politique- et intellectuel international qui promeut l’utilisation des sciences et technologies pour l’amélioration des performances humaines »

Ce mouvement repose principalement sur le développement des N.B.I.C., c’est à dire les Nanotechnologies et Biotechnologies qui touchent le plus souvent à la génétique ; l’Informatique -le fameux Big Data- ; et les sciences Cognitives, c’est-à-dire tout ce qui touche au développement du cerveau et des intelligences artificielles.

Bien que cette notion de transhumanisme soit encore quasiment inconnue en Europe, un véritable lobby bio-progressiste est déjà à l’œuvre depuis près de 30 ans aux Etats-Unis –avec la Californie en tête- en Chine et en Corée du Sud.

Le principal maître d’œuvre de cette idéologie, vous le connaissez déjà et le côtoyez tous les jours. C’est le tentaculaire Google. C’est Google et toutes les entreprises qui gravitent –à défaut d’être absorbées- autour du Titan. En tête de liste, son directeur de recherche, Ray Kurzweil, grand prêcheur du transhumanisme et le premier à avoir déclaré la mort à la mort. Il nous promet entre autre, que la fusion de l’homme et des NBIC sera effective au plus tard d’ici 2050. C’est ce moment qu’il appelle « la singularité », c’est-à-dire le moment où le transhumain va devenir post-humain, ce qui est la finalité des transhumanistes. Pour lui, l’ère de la singularité a déjà commencé… Google, par la voix de Kurzweil, c’est donc l’avènement du virtuel, c’est l’humain débarrassé de tout ce qui l’encombre : il n’écrira plus, il n’aura plus besoin de retenir quoique ce soit, car la machine deviendra une prothèse de son cerveau, jusqu’à ce qu’il fusionne avec elle.

Il ne s’agit déjà plus de savoir si oui ou non les NBIC changeront notre vie, elles le font déjà depuis longtemps. La question est : quelles réflexion et actions l’humanité doit-elle mener face à cette expansion ?

Entendons-nous bien : il ne faut pas confondre le transhumanisme et les médecines de pointe. Par exemple : si on greffe une hanche ou un cœur à quelqu’un, ce n’est pas du transhumanisme, car même si on lui mettait un cœur mécanique, on ne fait pas de lui un humain supérieur aux autres ; on le répare, mais on ne l’augmente pas. Il y a une différence entre s’aider d’un outil, d’une technologie et fusionner avec elle pour créer quelque chose d’autre.

Le transhumanisme, c’est créer des hommes supérieurs aux autres grâce aux techno-sciences, en permettant à un individu d’avoir des performances qui sont inédites dans l’espèce humaine, et même inédites en rapport à n’importe quel génie le plus génial ! C’est donc soumettre ce qui est naturel et vivant, c’est domestiquer l’être humain, comme on a domestiqué la nature. C’est une forme d’eugénisme moderne qu’on camoufle sous couvert du « progrès de la science », soutenant l’hyper-marchandisation de la vie.

Au nom de quoi au fait cette course à la technologie ? Du Bonheur ? Comme si le seul fait d’améliorer le fonctionnement de la machine biologique que nous sommes, suffisait à créer le bonheur… La vie est bien plus subtile et ne se résume pas à un fonctionnement mécanique. Le bonheur n’est en rien lié aux objets que l’on possède, mais aux expériences humaines.
Il ne suffit pas de savoir séquencer et recomposer l’ADN humain pour en comprendre la substance et les interactions. Ce serait comme analyser la matière sans tenir compte du vide, du rien, du tout.

Évoluer à tout prix n’est pas signe de progrès. On peut régresser en tout en se donnant l’air d’évoluer… comme les humains hors sol que nous sommes devenus, dans l’incapacité de se nourrir par nous-mêmes. Nous avons été dépossédés de notre lien à la Terre et à la Mer en moins de 80 ans. Dépossédés de notre lien au Vivant, à la Nature, en un clin d’œil à l’échelle de l’histoire de l’humanité.
La différence entre cette pseudo évolution régressive et le transhumanisme, c’est que dans le premier cas, nous pouvons, si nous le voulons, individuellement ou collectivement corriger cet état de fait (c’est le cas par exemple des Colibris et de leurs oasis), alors que dans le second cas, toute évolution, bonne ou mauvaise, est irréversible. Le transhumanisme ne change pas simplement la qualité de vie, il change le code et altère la vie à la source.

Le transhumanisme et son homme nouveau biotechnologique a toutes les cartes en mains pour « s’arracher définitivement à la Nature », domestiquer la Vie et jouer à Dieu dans sa surpuissance. Darwin se retournerait dans sa tombe s’il pouvait voir comment sa théorie sur la sélection naturelle s’est transformée en sélection technologique sous la bannière de l’hyper capitalisme libéral.
Comment ?! Vous ne pouvez pas payer votre gène anti-cancer alors que nous avons décelé dans le séquençage de votre génome que vous aviez 95% de chances de mourir d’un cancer des poumons avant 50 ans ? Eh bien mourrez maintenant ! Et ce sera pareil pour les embryons, laquelle technoscience engendrera un contrôle généralisé des naissances en moins d’une génération.
Demain, mon fils d’aujourd’hui 13 ans, devra probablement choisir, s’il souhaite devenir parent, les caractéristiques génétiques de sa progéniture : couleur des yeux, des cheveux, sexe, aptitudes physiques et psychologiques, etc.

Ce n’est pas une hypothèse, nous y sommes déjà, cela existe déjà dans les pays que je vous ai précité où les catalogues génétiques circulent librement, car aucune limite ni régulation ne freine les transhumanistes. Avant même la naissance des enfants et jusqu’à leur mort –si la mort existe encore-, voilà comment on privatise la Vie humaine à la source.

J’invite chacun à développer sa conscience et sa responsabilité pour ne pas céder au chant des sirènes. Ne serait-ce qu’à l’échelle de l’agroalimentaire, rappelons-nous ce que les OGM ont causé comme drame écologique, y compris humains, décimant des familles entières et causant des milliers de suicides, uniformisant les cultures, sans compter les impacts sur la santé et les économies locales. Alors, trafiquer l’humanité sans avoir encore tirés les leçons du passé et du présent (car l’affaire Monsanto-Bayer est encore sur la braise), c’est accepter un risque immense.
Ça n’a rien de génial.

Ce qui n’a rien de génial non plus, c’est que les industries pharmaceutiques et scientifiques complices, pourraient bien profiter de la détresse des familles, qui peinent déjà à se payer une paire de lunette ou une couronne dentaire, pour faire du placement de produit : La thérapie génique comme solution à tous les maux, ça vous tente ? Mettez-cela dans les mains des puissants, dictateurs ou non (bon, on pourrait aussi parler de la réalité de nos démocraties… mais c’est un autre sujet) et nous nous engageons sur la voie royale non pas de l’homme évolué, mais de l’homme en jachère et en servitude, l’homme domestiqué et uniformisé, l’homme fusionné, transformé par l’algorithme. HGM : Homme Génétiquement Modifié, ou plus exactement, L’HOMME GÉNÉTIQUEMENT MONÉTISÉ. Et tout cela, dans le silence, sans jamais vous demander votre avis.

Bon sang…
Que manque-t-il tant à l’homme qui justifierait qu’on le transforme en surhomme ?
Qu’aurions-nous tant à corriger au point de réquisitionner le vivant et s’extirper de la Nature toute entière dont nous sommes ?
Est-ce bien nécessaire d’avoir une vue d’aigle ? Que pourrions-nous en faire ?
Nous voulons vivre plus longtemps, mais pour quoi faire ?
Quel est le sens de cette surenchère ?
Allons-nous nous prendre pour Dieu sans en avoir la sagesse ?
Et puis, pourquoi les Dieux seraient-ils immortels ?
Est-ce l’immortalité ou l’éternelle jeunesse qui rendrait divin ?… ou bien l’âme ?
La vie, comme l’orchidée, n’est-elle pas moins sublime du fait qu’elle se fane ?

Monette Vaquin, psychanalyste et auteure de « Frankenstein ou les délires de la raison », dit ceci à propos du développement des technosciences :

« C’est un camp de concentration de l’âme dont on ne pourrait jamais sortir pour la bonne raison qu’on ignore que l’on s’y trouve »…

L’affirmation de la modernité ne justifie pas l’absence de limites, pourtant les avancées se produisent à une vitesse insoupçonnable. Une étude publiée récemment par le M.I.T. établit le calendrier des métiers qui disparaîtront au profit de l’intelligence artificielle, plus performante, plus stable, ubiquitaire et meilleure marché que l’être humain. Que l’on soit chauffeur routier ou chirurgien, tous les métiers seront impactés.

Que deviendront tous ces humains remplacés ?

Il y a donc les robots et les transhumains… jusqu’à ce qu’ils ne fassent qu’un.
Qu’adviendra-t-il lorsque notre ADN, notre patrimoine génétique sera la seule propriété des multinationales ?
Qu’arrivera-t-il lorsque parmi les humains « biologiquement naturels », marcheront des êtres génétiquement modifiés, technologiquement fusionnés, dont les aptitudes intellectuelles et physiques, sans parler de leur longévité, seront infiniment supérieures au commun des mortels ?
Allez ! Au rebus les « sous-humains » que nous sommes ! Parce qu’un humain modifié ou semi-artificiel est plus performant, plus fiable et plus contrôlable qu’un humain… naturel ? Je ne sais pas quels titres on nous donnera d’ailleurs ?…

Il sera très difficile de réguler le pouvoir transhumaniste tant il est soutenu par de nombreux milliardaires avides d’éternité ou technophiles, comme Bill Gates ou Warren Buffet. C’est pour cette raison qu’il est urgent –et même vital- que les citoyens s’emparent de cette question pour tenter d’en garder la maîtrise, car la régulation ne viendra pas des pouvoirs politiques impuissants et aux ordres des différents lobbies. Un pouvoir citoyen doit s’organiser et des contre-pouvoirs seront et sont, indispensables.

Mais… comme l’évoque Laurent Alexandre, « le combat n’est pas gagné : les patients préfèreront toujours une petite ration de technologie supplémentaire –même irréversible- à la mort ou au handicap. » Mieux vaut être transhumain que mort penseront la plupart des gens… et c’est ici que le post-humanisme entre en jeu. Après le totalitarisme insidieux de la technoscience, voici le génocide des humains simplement faits de chair et d’os… et parfois de génie. Fin de l’humanité.

En 50 ou 100 ans, nous passerions du chef d’orchestre à l’homme orchestre, jusqu’à l’homme désintégré. Du génie humain inspiré au génie génétique connecté, c’est quoi le plus génial des deux ?

     Alors même s’il y a quelques opportunités à maîtriser, les risques et les dérives du transhumanisme sont nombreux, et je reviendrais plus amplement sur le sujet dans d’autres émissions, mais parmi eux, il y a notamment le mépris de l’humanité telle qu’elle existe, ce qui est contraire au concept même d’humanisme dont il se revendique, l’humanisme au sens des Lumières, et représente un changement profond dans la façon de nous considérer nous-mêmes.

– Il y a aussi le risque d’une société sous surveillance et manipulable. Si la fusion avec l’I.A. nous permet d’accéder à un espace de connaissances et de sensations infinies, le contraire est aussi envisageable, non ? La vérité est désormais dans l’algorithme. Il nous sera probablement impossible de déceler ce qui vient du Big Data, la matrice, et… ce qui vient réellement de nous. Loi virtuelle.

– Bien entendu, il y a la question de l’eugénisme, par la création d’humains surdoués et sur-mesure dès l’embryon, et par la même, l’accroissement des inégalités entre les humains, pour qui n’aura pas les moyens de muter en améliorant son patrimoine génétique. Mais comme les OGM, il n’est pas impossible que ce soit gratuit au début. Une fois modifiés, nous ne pourrions pas arrêter notre course technophile… C’est l’histoire de la pomme et de la genèse… telle que je l’illustre dans ma toile « Apple of desire », la pomme du désir.

– On peut supposer aussi qu’il y aura dépersonnalisation et appauvrissement des relations humaines. Qu’arrivera-t-il, par exemple, si nous trouvons meilleur de faire l’amour virtuellement, stimulé par l’I.A. au lieu de le faire avec un être autre humain ? Ferons-nous encore l’amour dans la vraie vie ? Saurons-nous encore tomber amoureux d’ailleurs ?
Peut-on bricoler la vie pour en faire du commerce ?
N’est-ce pas une autre forme d’aliénation et d’esclavage ? Surtout les l’I.A va très loin, elle touche aussi les émotions…
Que vaut une vie ?

La technoscience et avec elle, le transhumanisme et le post-humanisme, est la plus insidieuse des menaces totalitaires, parce que les GAFA (c’est l’acronyme qui désigne les entreprises les plus riches et puissantes du monde, à savoir Google, Apple, Facebook et Amazon) sont plus sournoises : elles arrivent par la consommation et la santé, et non par la loi, se gardant bien de communiquer les contradictions des produits qu’ils mettent sur le marché. Muter tue.

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Soyons lucides. La base du transhumanisme et sa promesse totalitaire de l’homme nouveau, l’homme prométhéen, c’est le résultat monstrueux des techno-sciences et de la finance. La rupture avec la Nature est totale et ils ne font aucun cas des autres formes de vies. Ce n’est pas un scoop, l’espèce humaine est la seul capable de détruire la planète, son unique habitat. Les post-humains iront sur Mars sans doute… Les autres, n’avaient qu’à être éternels !

APPLE, UNE AUTRE VERSION DE LA GENÈSE…
C’est dans cet esprit que j’ai peint en 2014, le tableau que vous voyez dans le visiopod. Le titre de l’œuvre est « Apple of desire… Reset ? »

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Apple, pomme du désir et de la connaissance…
Cette femme cyborg à l’œil Safari connecté est semi-artificielle. Son corps quasi nu, pourtant génétiquement modifié, paraît presque humain. Elle est sur le point d’étreindre cette pomme au rouge profond qui esquisse un visage d’homme.
 
Think different ? Ou pas…
On finit toujours par croquer la pomme.
 
J’ai cette curieuse sensation parfois que nous sommes déjà notre propre musée, victimes passives d’un désir compulsif de technologie qui prend emprise sur notre humanité.
 
Et puis je me demande… Est-ce que nos technologies ne sont pas déjà en train de nous dépasser sans que nous ayons eu le temps -ou le courage- de nous poser la question du monde que nous souhaitons ?
 
Pourrions-nous encore tout réinitialiser ?
Reset * ?  (Traduction : réinitialisation, remise à zéro.)

Cultivons notre cœur. Mettons-le au service de notre cerveau et non le contraire. C’est la seule voie de sortie que j’entrevoie à ce jour, comme dans un spleen vertigineux qui déboucherait inexorablement vers un idéal…
Cependant, l’intelligence et la puissance du cœur devront servir la raison, la structure, l’organisation. Il ne s’agit pas de prôner l’Amour bouche béate et les bras en croix. Il s’agit de le rendre actif et constructif.
Ne se soumettront aux robots et aux mutations génétiques que ceux qui sont soumettables. Les autres, assureront leur devoir de mémoire et d’indignation, de transmission et de sagesse. C’est tout le sens de l’humanisme, non transformé, mais transcendé.

De la même manière qu’il a été répété à maintes reprises de veiller à ce que l’économie soit au service de l’homme et non l’homme au service de l’économie, gardons la technologie au service de l’Humain et non pas l’inverse. Nous augmenterions notre servitude en même temps que nous augmenterions notre corps en le modifiant et en le fusionnant avec les machines.

Thierry Gaudin, prospectiviste, imagine ceci dans une de ses études : « L’Homme sortira de l’aventure biotechnologique plus puissant peut être, mais surtout investi de responsabilités qui, autrefois, n’appartenaient qu’aux Dieux. Plus encore que l’intelligence scientifique ou technique, c’est l’intelligence du cœur et l’éthique qui seront sollicitées par la révolution des biosciences. Le temps des prométhéens s’achèvera. Ici commencera le règne de Gaïa, la nature, mère de toute chose ».
J’aime cette issue.

J’ai une autre question pour vous :
Est-ce que la performance et l’immortalité apporteront plus de sens que l’Amour ou l’altérité ? Rien n’est moins sûr.

La notion d’identité ne peut être séparée de celle de l’altérité dont elle tire sa légitimité. L’altérité, c’est reconnaître l’autre dans sa différence, y compris avec ses vulnérabilités, sans vouloir le soumettre ou l’éliminer.
Quelle sensation étrange de bonheur indicible que de pouvoir aider l’autre à aller mieux ou encore de l’être soi-même par un/e ami/e… Si nous devenions des surhommes, nous nous suffirions à nous-mêmes, dépourvu d’empathie et de compassion…
C’est dans l’humanité d’autrui que la nôtre prend tout son sens. Ce n’est donc pas seulement être qui est le plus important, mais être avec l’autre. Avant que l’histoire humaine ne soit reprogrammée par Google et l’intelligence artificielle, souvenons-nous que l’histoire ne manque pas d’exemples : qui tend à détruire l’autre tel qu’il est, se nie et se détruit lui-même. Il finit par disparaître.

Être avec l’autre ou disparaître… Ce pourrait être la question que pose le transhumanisme, et après lui, le post-humanisme, à toute l’humanité.

***

Je vous invite à rejoindre la ligue des visionnaires en vous abonnant à ma chaine. Ici, nous allons coconstruire un monde humain, vivant et humaniste. Un monde humain, ce n’est pas, comme pourrait objecter le courant transhumaniste, un monde qui repose sur une vision statique ou conservatrice de l’Humanité, c’est au contraire un monde en mouvement, collaboratif et inventif qui utilise les potentialités de toutes ses intelligences, de son Génie de la lampe, pour coexister dans la pluralité, l’altérité et surtout l’harmonie.

Je vous embrasse de toute ma Nature et vous dis à très bientôt, sur la radio des Visionnaires.

Almakan
Artiste-auteure en avenirs possibles
et exploratrice d’émotions

> Pour voir l’œuvre originale « APPLE OF DESIRE » : cliquez ici.
Ou son édition limitée numérotée : ici.

> Pour aller plus loin et comprendre le transhumanisme, voici quelques livres qui pourront vous aider :
– « Au péril de l’humain » – Jacques Testart et Agnès Rousseau
– « La mort de la mort » – Laurent Alexandre
– « Demain, les post-humains » – Jean-Michel Besnière
– « La révolution transhumaniste » – Luc Ferry

> Cette émission pourrait aussi vous intéresser : Quelle révolution pour quelles évolutions ? (Partie 1)

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